Visite de la Maison Frapin

Si Segonzac est la capitale du Premier Cru de Cognac, la Maison Frapin en est l’un de ses fleurons. Cette société familiale est enracinée, à plus d’un titre, au cœur de la Grande Champagne…
Les Frapins (Cointreau par alliance depuis deux générations) se sont implantés dans la région en 1270, et ils exploitent aujourd’hui, à Segonzac, autour du Château de Fontpinot, un vignoble de 240ha d’un seul tenant, qui s’étend sur 10km de long. Ils sont agriculteurs-viticulteurs, mais également distillateurs et metteurs en marché. Leurs Cognacs, exclusivement issus de la propriété familiale, sont commercialisés dans plus de 75 pays, avec néanmoins une part significative des ventes réalisées en France (environ 10%, soit trois à quatre fois mieux que la moyenne régionale!).

Château-Fontpinot-frapin

LE SAVOIR FAIRE FRAPIN

Il y a quelques semaines, Patrice Piveteau, Directeur Général Adjoint et Maître de Chai de Cognac Frapin, a eu la gentillesse de nous présenter la société et de nous faire visiter les lieux. A partir de ses explications, nous avons décrypté, pour vous, quelques fondements de la qualité FRAPIN :

Parce que tout commence à la vigne, le Domaine Château de Fontpinot s’est engagé dans une démarche environnementale dès 1991. Au-delà du respect de la réglementation, cette approche vise à favoriser les équilibres naturels dans le vignoble et à réduire les impacts négatifs des pratiques agricoles sur l’environnement.

Par exemple, en 2011, la Maison Frapin a investi dans un gigantesque bassin d’une capacité de 30 000 hectolitres. Ne vous y trompez pas, bien que l’investissement soit de taille olympique, il n’a pas été conçu pour accueillir les épreuves de natation des hypothétiques JO France 2024… 😉 Il s’agit en fait d’un outil de traitement des effluents vitivinicoles. Autrefois, les vinasses (résidus de distillation chargés en cuivre et en matière organique) étaient utilisées comme engrais et épandues dans les vignes. Aujourd’hui, elles sont dépolluées par des bactéries aérobies, puis l’eau obtenue permet d’irriguer une plantation de peupliers. Pour Patrice Piveteau, « c’est un bel exemple d’agro écologie, mais également un pari pour l’avenir et la qualité du Cognac. On pourrait imaginer que dans 50 ans, la concentration en cuivre des sols viticoles aura diminué et que leur activité microbienne s’en trouvera stimulée… »

Les pratiques culturales mises en place depuis 1991 vont toutes dans le sens d’une activité biologique accrue. Cette dernière étant le facteur d’une alimentation équilibrée de la vigne, cela devrait favoriser la production de raisins de qualité, tout en évitant les excès de vigueur.

frapin-director-cognac

Parce que des raisins sains et parfumés, récoltés à maturité, sont la promesse d’un Grand Cognac, tout doit être mis en œuvre pour préserver l’intégrité du fruit. Au Domaine Château de Fontpinot, la vendange est délicatement pressée, puis les jus obtenus s’écoulent vers les cuves de vinification, sans subir de débourbage ou de filtration. Les vins sont distillés avec leurs lies, sans utilisation d’automatismes ; lors de cette étape cruciale, les seuls automates sont les distillateurs Alex, Gilles et Jean-Paul !

frapin-vinification frapin-distillery

Parce que les eaux-de-vie de Grande Champagne demandent une longue garde, le temps de perdre leurs angles et de s’épanouir pleinement, il faut s’armer de patience et laisser le temps au temps. La Maison Frapin semble maîtriser le sujet, puisqu’elle commercialise 85% de ses volumes en qualités supérieures (= qualités vieilles) et qu’elle possède, à l’heure actuelle, plus de 15 années de stock ! Entre chais secs et chais humides, les eaux-de-vies sont choyées par le maître de chai. Pour celui-ci, les conditions d’hygrométrie sont importantes, car en atmosphère sèche les eaux-de-vie développent finesse et élégance, alors qu’en milieu plus humide (évaporation plus lente avec plus de pertes d’alcool que d’eau) elles gagnent en rondeur. Ainsi, le vieillissement est source de variabilité ; il s’effectue de manière différente en fonction de la qualité recherchée.

old-cellar-cognac-frapin

UNE IDENTITÉ PATRIMONIALE FORTE

Son savoir-faire d’excellence et son identité patrimoniale ont valu à la société Domaine Château de Fontpinot, de recevoir plusieurs distinctions. En 2012, le label d’Etat « Entreprise du Patrimoine Vivant », a fait d’elle l’une des deux seules Maisons de Cognac labellisées EPV (l’autre étant Rémy Martin). En 2013, le Trophée de l’Excellence Française a récompensé le talent et la créativité des 32 hommes et femmes qui la composent et qui, par leurs actions quotidiennes, participent au rayonnement de la France dans le monde.

Le moins que l’on puisse dire est que la Maison Frapin se distingue par la richesse de son histoire et de son patrimoine, qu’elle sait mettre en valeur et préserver.

Lors de notre visite, nous avons pu admirer de véritables trésors… un chai dont la charpente a été réalisée par Gustave Eiffel lui-même, le château familial et son vignoble, la salle de dégustation aux centaines d’échantillons, des dames-jeannes et des barriques d’un autre âge une renfermant des eaux-de-vie vénérables… et parmi elles, de la folle blanche pré-phylloxérique !

cellar-frapin-cognac  cellar-frapin-dame-jeanne fontpinot-chai-cognac

NOS IMPRESSIONS

Après avoir fait le tour des lieux, nous avons eu le privilège de déguster quelques flacons. Sans plus attendre, voici mes impressions :

XO Château de Fontpinot

Du montant ! De l’éclat ! Généreux, cet XO nous cède une harmonie de fruits secs (abricot…) et de tanins vanillés, voire toastés ‒ le tout subtilement embaumé de noix de muscade. La bouche offre un bel équilibre entre douceur et vivacité, entre suavité et structure ; c’est l’œuvre d’un passage de 6 mois en fûts neufs, suivi d’un long vieillissement en chais secs. Ce Cognac délicieux met l’eau à la bouche, et je l’imagine parfaitement en dessert, associé à une tarte aux fruits.

VIP XO Frapin

Après une année en barrique neuve, et un long séjour en chais humides, VIP XO est né. Moins puissant, mais non moins parfumé. le nez déborde de nuances florales (fleurs fraiches et fleurs coupées) typiques de la Grande Champagne, mêlées à des odeurs estivales de foin. La bouche, toute en finesse, se structure progressivement jusqu’à s’achever en une finale bois de réglisse.

Les millésimés Frapin

La Maison Frapin possède un stock important de Cognacs millésimés, c’est-à-dire scellés et répertoriés auprès d’un représentant BNIC assermenté l’année de production. A Patrice Piveteau de préciser : « Toutes les années ne sont pas propices à ce genre d’opération. Il nous arrive même de casser certains millésimes pour les réintégrer parmi les autres stocks. Pour qu’un millésime sorte, il faut qu’il vaille vraiment le coup. »
1988 – 25 ans d’âge : Beaucoup de finesse. Des tanins souples et des arômes délicats de fruits à noyau (pruneau, mirabelle…) et de noisettes.
1989 – 20 ans d’âge : J’ai eu un coup de cœur pour le parfum enivrant et la saveur acidulée de ce millésime exceptionnel. Le nez est profond de vanille et autres fragrances fruitées et florales. La bouche, légèrement réglissée, est parfaitement équilibrée, avec une belle vivacité.
1991 – 20 ans d’âge : Ce Cognac révèle des saveurs exquises d’orange confite, de zeste de cédrat, de pain d’épices, et une touche de fruits exotiques… La bouche, moins ample que 1988 et 1989, est plus structurée.

Les multi millésimes Frapin

En 2008, le premier Cognac Multimillésime Frapin était sacré « Meilleur Spiritueux au Monde ». Dans la continuité de la collection initiée cette année là, nous avons eu la chance de déguster les tirages limités N°4 et 5. Ils sont chacun composés de trois années, choisies pour leur complémentarité sensorielle.

multimillesime-frapin-1982-1983-1985
Même s’ils sont tous les deux très complexes, fruités, floraux et dotés d’une longueur en bouche exceptionnelle, ils restent très différents ; c’est toute la beauté de l’effet millésime… Le Multimillésime N°4 (1982-1983-1985) est gourmand, exotique, sucré et capiteux. Un vrai délice qui n’est malheureusement plus disponible à la vente. J’ai cependant préféré le Multimillésime N°5 (1982-1986-1989) pour sa fraicheur aromatique et son harmonie. Avec seulement 1270 flacons, vendus à un prix très abordable, je vous recommande de vous le procurer au plus vite, si vous désirez le déguster !

Extra Frapin – 40% abv

Tout comme l’XO Château de Fontpinot, les eaux-de-vie composant cet Extra ont passé leur vie en chais secs, dont 6 mois en fûts neufs. L’assemblage est cependant plus vieux, plus complexe, et différent. A la dégustation, c’est un véritable concentré de fruits secs et d’épices, avec des notes de rancio caractéristiques des très vieilles eaux-de-vie de Cognac. Les tanins sont enrobés. La bouche, harmonieuse et pleine, s’étire en longueur…

Plume Frapin (500 exemplaires numérotés)


Après avoir rendu hommage à François Rabelais, fils d’Antoine Rabelais et d’Anne-Catherine Frapin, avec les cuvées Rabelais, la Maison Frapin s’approprie la Plume en sortant cette carafe d’exception habillée d’étain doré à l’or rose 18 carats.

frapin-plume-cognac

Ce Premier Cru est assemblage d’eaux-de-vie de plus de 60 ans, ayant vieilli dans des fûts de chêne centenaires. D’abord discret, le nez s’ouvre lentement sur des saveurs complexes et subtiles de fruits, d’épices, de tabac et de fleurs séchées. La bouche est puissante et dense, avec une très belle longueur.

Frapin Cuvée 1888 (1888 exemplaires numérotés)


Joyau de cristal d’exception, cette carafe est issue de fioles provenant du Chai Paradis et datant, pour certaines, d’avant 1888 !

1888-frapin-cognac

Le nez est incroyablement frais, compte-tenu de l’âge exceptionnel de l’élixir. Il développe un bouquet somptueux, d’une grande complexité : raisins et autres fruits secs, bois précieux, noisettes, notes fleuries, miellées, exotiques et épicées… Au palais, cette Grande Champagne ancestrale offre un velouté incomparable. Façonnée en aspiré soufflé par les Cristallerie Royales de Champagne, et habillée d’un cordon de fil doré à l’or fin, la carafe a été conçue comme un hommage à Pierre Frapin. En 1888, célébrant son vignoble reconstitué suite à la crise phylloxérique, celui-ci sélectionnait une cuvée qui lui vaudrait une Médaille d’Or à l’Exposition Universelle de Paris 1889.

Le saviez-vous ?

Forte de son succès, la Maison Frapin a lancé une ligne de parfums en 2004, en travaillant avec des grands nez, dans l’esprit du savoir-faire français de la parfumerie de Grasse. Elle a choisi d’utiliser des matières premières nobles et naturelles et de mettre en valeur leur richesse à travers des compositions sophistiquées, inspirées directement de l’Univers Cognac Frapin. On peut dire que le pari est plutôt réussi.

frapin-perfume

J’ai testé personnellement l’une de leurs créations et j’ai admiré, tout comme dans les Cognacs Frapin, la tenue du parfum dans le temps, sa puissance et sa complexité aromatique.

En Conclusion…

La Maison Frapin incarne le luxe à la française, la Tradition de l’Excellence… Parce que ces impressions n’engagent que moi, je vous encourage à découvrir leur gamme et à poster vos commentaires ! Vous trouverez les Cognacs Frapins chez de nombreux restaurateurs, cavistes et épiceries fines. Ils seront également présents au parc des expositions de Bordeaux du 14 au 18 Juin 2015, à l’occasion du salon Vinexpo (Hall 1 – Stand DE-238) !

Léopold Gourmel: Cognac Attitude

Un Cognac de haute qualité, une réputation hors norme, de faibles volumes, un nom évocateur… Qui suis-je ? Je suis la Maison Léopold Gourmel, fondée en 1972.

Viticultrice à Cognac, je connaissais la marque de renom, mais n’avais, jusque là, jamais eu l’occasion de la déguster. La semaine dernière, à Genté (Charente), un rendez-vous avec Olivier Blanc, créateur et unique propriétaire de la marque, m’a permis de combler mes lacunes.

Gourmel Attitude

Respect des équilibres naturels

Les Cognacs Gourmel sont élaborés dans le respect des équilibres naturels, afin d’obtenir un Cognac moderne, frais, riche et élégant :

Les vins distillés proviennent des plus vieux sous-sols de la région, dont les strates perturbées permettent aux racines de la vigne de s’établir en profondeur, donnant ainsi des vins expressifs. Ils sont issus du cru des Fins Bois, qui constitue le plus vaste ensemble de production de la région cognaçaise et encercle les trois premiers crus. La qualité des sols y est très hétérogène. C’est donc une zone spécifique qui a été retenue; un triangle vallonné situé entre Hiersac, Blanzac et Chateauneuf-sur-Charente.

De la taille aux vendanges, en opposition avec certaines conceptions régionales, tout est raisonné pour favoriser la concentration des raisins  en arômes et en sucres, et non leur quantité. La Maison Gourmel n’a pas peur des vins à fort degré alcoolique !

La distillation n’intervient que lorsque les vins ont atteint leur apogée au cours de leur élevage sur lies (=dépôts naturels), c’est-à-dire lorsqu’ils ne gagnent plus en volume et en gras, et que leur corpulence est à son maximum.

La distillation est une expérience sensorielle qui s’étire en longueur (avec une coupe à 40-50% au lieu des 60% traditionnels) pour atteindre l’excès de gras nécessaire à l’obtention d’eaux-de-vie riches et naturellement onctueuses.

Le vieillissement s’effectue dans des fûts de chênes centenaires réputés pour leurs grains fins. Olivier Blanc utilise 30% de bois neuf non toasté ; ce pourcentage est très élevé pour la région, mais la qualité du bois fait qu’il apporte de la structure sans couvrir les arômes fruités et floraux.

Les Cognacs sont « dressés » pendant 4-5 ans, selon le principe de l’ « accordéon ». Tous les 6 mois, l’eau-de-vie est pompée/mariée dans une cuve, puis redistribuée dans les barriques dont elle provient ; cette opération se renouvelle autant de fois que nécessaire pour l’harmonisation parfaite du millésime. Par la suite, les Cognacs continuent leur « élevage » en fûts; ils sont suivis tous les ans avec beaucoup d’attention, et guidés jusqu’à leur mise en bouteilles.

Par évaporation, le Cognac perd chaque année en volume et en degré, mais il faudrait plus d’un siècle de vieillissement sous bois pour qu’il descende naturellement de 70% à 40% d’alcool. Il est donc nécessaire de pratiquer une réduction (=adjonction d’eau parfaitement neutre). Léopold Gourmel a constaté que de l’eau sur le cognac, le faible sur le fort, crée une « saponification » produisant des odeurs de savon. Par contre, le cognac sur l’eau, le fort sur le faible, donne une « estérification » qui révèle les arômes. A partir de la 5ème année, Léopold Gourmel part de son millésime, encore à 66/68°, et verse le fort sur le faible pour créer 2 lots : le millésime fort à 55° et le faible à 25°. Au fil des années, ce dernier gagnera en degré pour arriver à 40, 41, 42, 43 ou 46°. La réduction laisse ici place à l’ « alcoolise » ; n’ayant jamais fait une telle expérience, je ne peux contrôler l’exactitude de ces propos, mais il est certain que le mot « alcoolise » est un terme plus flatteur, donc moins réducteur. Il est également avéré qu’un processus progressif d’adjonction d’eau est nettement plus qualitatif qu’un ajout brutal !

Gourmel Attitiude

Avant la mise en bouteilles, la filtration à froid permet d’améliorer la brillance du Cognac, mais elle peut entraîner la perte de certains composés aromatiques. Olivier Blanc a banni ce procédé au profit d’une filtration douce qui préserve les qualités intrinsèques du produit.

Chaque cuvée Gourmel est certifiée sans mélange de crus ou d’années. Pour préserver la pureté des arômes originaux, les millésimes ne sont pas assemblés, contrairement à la pratique traditionnelle.

Dégustation

Après avoir longuement discuté du formidable travail effectué par l’équipe Gourmel, j’ai eu le plaisir de déguster l’ensemble de la gamme dans… la salle d’attente ! Non, non, ce n’est pas une salle austère remplie de magazines dépassés d’un an ; c’est un chai à barriques où les Cognacs patientent sagement avant l’opération mise en bouteilles.  Pour la dégustation, Olivier Blanc a donc prélevé le Cognac directement à la source.

Les Cognacs signés Léopold Gourmel sont nommés en fonction de leur vieillissement et de leur tendance aromatique. Leur niveau de qualité s’exprime en carats, suivant une dénomination que chacun peut interpréter : Premières saveurs (6 carats), Age du Fruit (10 carats), Age des Fleurs (15 carats), Age des Epices (20 carats), Quintessence (30 carats). Cette approche pédagogique permet à chacun de choisir facilement un Cognac pour son goût et non son étiquette ou son flacon.

« Bio attitude » VSOP certifié 100%

J’ai pour habitude de dire que le Cognac est intéressant à tous les âges. Pourtant, j’ai été surprise par ce jeune VSOP ; la valeur n’attend pas le nombre des années. Beaucoup de fraîcheur, de délicatesse, de finesse ! La robe est jaune pale aux reflets or. Au nez, des saveurs douces et harmonieuses de fruits acidulés, voire gorgés d’eau (raisin, pastèque, pamplemousse) se mêlent à des notes florales exotiques de vanille et d’hibiscus (apportées par un vieillissement avec 20% de bois neuf). Au palais, le Cognac est agréable, printanier.

Gourmel Attitiude

 « Premières saveurs » VSOP 6 Carats – 40% abv

Monsieur Blanc est très fier de cette expression qu’il surnomme affectueusement « Le P’tit Gourmel ». Ce VSOP a le même âge que Bio attitude, la même robe jaune pale, mais son caractère est très différent. C’est un Cognac plus masculin ; c’est sans doute pour cela qu’il me correspond moins.  Encore dans la phase prise de bois, sa finale est légèrement astringente (en opposition au reste de la gamme). Très parfumé, ce Cognac s’accordera parfaitement avec un expresso ! Il saura également mettre en valeur vos meilleurs cocktails.

« Age du fruit » XO 10 Carats – 41% abv

Plus onctueux, plus structuré, le Cognac s’est affiné avec l’âge. Sa robe arbore désormais une teinte or pale. Son goût est agréable, fruité et finement boisé ; truffe, noisette, pêche, abricot, fruits confits, orange, coing, … Monsieur Blanc le recommande « après des grands vins blancs, de la viande blanche, de beaux poissons, ou pour accompagner un repas asiatique ».

« Age des fleurs » Extra 15 Carats – 42% abv

Avec cet Extra à la robe jaune paille, l’expression « bouquet aromatique » prend tout son sens ! Je ne pense pas avoir dégusté, à ce jour, un Cognac avec une telle complexité florale. Quelle explosion ! Rose, Lilas, Fleur de Vigne, Jasmin, Chèvrefeuille… On en oublierait presque les fruits, pourtant présents mais dominés par la promenade fleurie. L’âge des fleurs est surprenant, riche et délicat à la fois, avec une longue finale.

Gourmel Attitiude

« Age des épices » Extra 20 Carats – 43% abv

Avec le vieillissement, la couleur évolue vers des teintes ambrées. Ce Cognac est, comme son nom l’indique, épicé : clou de girofle, poivre, musc, chocolat blanc, gingembre… La bouche est agréable et chaleureuse ; une attaque corsée d’épices, une vivacité poignante qui s’estompe lentement ! Cet Extra, sera très apprécié en Hiver, avec un repas généreux, mais c’est également « un régal avec du chocolat noir très pur ».

 « Quintessence » 30 Carats – 42% abv

Magnifique eau-de-vie ambrée. Quel montant !  Quelle fraicheur ! (Rancio peu marqué) Une minéralité subtile et des parfums concentrés de fruits, de fleurs et d’épices, réminiscence des différents âges passés.  Quintessence me fait penser à un grand liquoreux avec son moelleux intense, sa rondeur, ses notes de fruits confits, de coing, de pâtisserie, de chèvrefeuille, d’épices douces… Ce très vieux Cognac est remarquable ; il a gardé sa fraîcheur et présente un gras incomparable, tout en restant équilibré.  C’est l’essence même du style Gourmel. Pour Olivier Blanc, « dans un univers du cognac où le goût a très peu changé depuis le XIXème siècle, Quintessence est [sa] vison d’un cognac exceptionnel de notre époque, inspirée par [son] admiration pour les grands millésimes des 1er Cru de Bordeaux ».

Au plaisir des papilles s’ajoute le plaisir des yeux… Le verre transparent permet d’admirer la couleur naturelle du Cognac. Le packaging a récemment évolué : Les carafes sont toujours aussi distinguées et élégantes. Les bouteilles sont toujours aussi belles, modernes et épurées. Plus lourdes qu’auparavant, elles réaffirment l’idée d’une marque établie. Après avoir contribué au développement de la fameuse bouteille « Cognaçaise » qui est aujourd’hui un standard régional, Léopold Gourmel innove une nouvelle fois avec l’utilisation d’étiquettes originales qui mêlent artistiquement papier et métal.

En dehors de sa gamme principale, Léopold Gourmel propose également des millésimés. J’ai eu la chance de déguster un Cognac de mon année de naissance pour la première fois ! Un 1990 de Grande-Champagne s’il-vous-plaît… je n’oublierai pas cette expérience! Ce Cognac était très harmonieux, très élégant, fin et profond, vif et crémeux à la fois, équilibré à souhait entre le fruit et les épices.

Gourmel Attitiude

Fin

En conclusion, quel Cognac ai-je préféré? Il est impossible de se prononcer! Cela dépend des circonstances, de la saison, de l’humeur du moment, …

Merci à Olivier Blanc pour sa passion qui le pousse à innover sans cesse et à faire découvrir ses Cognacs à travers le Monde.

Bisquit à la reconquête des marchés

bisquit-logoFondée en 1819, la Maison Bisquit était quelque peu tombée dans l’oubli ces dernières années. N°3 du Cognac dans les années 50, elle avait progressivement été reléguée à la onzième place du classement. Il faudra attendre son rachat par le groupe sud-africain Distell pour inverser la tendance.

Un souffle de renouveau agite désormais la marque au griffon qui affiche une croissance à deux chiffres depuis 2009, passant ainsi de 45 000 caisses de 12 bouteilles en 2008 à plus de 100 000 caisses cette année. L’objectif est de tripler ce volume pour atteindre les 300 000 caisses d’ici à 2020. Il s’agit de pousser les ventes sur les terres d’élections (France, Bénélux, Suisse, Russie), mais également en Asie et en Afrique où Bisquit enregistre de belles performances.

Le groupe Distell a de l’ambition et il s’en donne les moyens. A partir de l’achat de la marque, il a fallu tout recréer.

Vincent Chappe, président de Bisquit, a été le premier embauché. C’est avec émotion qu’il se souvient des entretiens d’embauche successifs effectués dans un bistrot, dont celui du maître de chai Denis Lahouratate (ancien de Léopold-Gourmel). En tout, 22 emplois ont été créés. L’équipe s’est installée, 18 mois plus tard, en plein cœur de la ville de Cognac, dans un château de 1000 mètres carrés magnifiquement rénové et un terrain de 1.5 hectares converti en site de production-expéditions.

bisquit-chateau

En parallèle, un achat massif d’eaux-de-vie de Cognac a été entrepris. Le stock ainsi constitué est un outil nécessaire à l’expansion de la marque qui veut être autonome sur l’ensemble des qualités commercialisées VS (50% des volumes), VSOP (30%), Prestige (10%), XO (10%). Investir dans le monde du Cognac, c’est investir à très long terme. Les sud-africains de chez Distell l’ont bien compris. A l’heure actuelle, la Maison met en stock 3 fois plus que ce qui est vendu ! Elle se base sur des prévisions allant jusqu’à 2035.

Lors de ma visite chez Bisquit, j’ai pu constater que l’objectif d’un stock quantitatif ne se fait pas au détriment de la qualité.

Les eaux-de-vie rassises (=âgées) ont été sélectionnées avec soin par le maître de chai. J’ai eu la surprise et le plaisir d’échantillonner quelques fûts avec lui, dont un vénérable 1947 que je garderai longtemps en mémoire pour ses notes savoureuses de coing et de rhubarbe. La valse des arômes du Cognac ne cessera jamais de m’étonner.

Concernant les eaux-de-vie nouvelles, Denis Lahouratate a mandaté plusieurs distillateurs et développé une méthode particulièrement intéressante pour obtenir un cognac rond, généreux, au bouquet profond et riche. Cette technique sera détaillée prochainement dans un article dédié à la distillation charentaise…

Aujourd’hui, les résultats sont encourageants puisque la maison Bisquit vient d’être primée pour la cinquième année consécutive  au International Wine & Spirit Competition 2013, recevant une médaille d’argent pour ses VS, VSOP, Prestige et XO.

bisquit

Face à tant de succès, le maître de chai désire proposer de nouvelles expériences aux consommateurs de Bisquit.

Les points évoqués :

  • L’envie de travailler avec un maître chocolatier pour proposer des accords cognac-chocolat.
  • Une coupe d’Extra, mariage d’eaux-de-vie de 1988 à 1947, qui devrait être commercialisée prochainement.
  • Une carafe d’exception pour fêter le bicentenaire de la marque en 2019. (Etant donné que le musée de la céramique de Limoges a été créé par un membre de la famille Bisquit, je parierai pour une carafe en porcelaine de Limoges. Affaire à suivre !)

A très long terme, car il faut laisser le temps au temps… :

  •  Une série limitée de moins de 1000 bouteilles présentant les dernières et premières eaux-de-vie du millénaire (distillées le 31 décembre 2000 et le 1er Janvier 2001).
  • Des Cognacs millésimés ou multi-millésimés (voir réglementation); depuis la récolte 2011, un représentant assermenté du BNIC vient sceller quelques barriques chaque année dans cet objectif.

Meukow « de l’ambre à la lumière »

Fondée en 1862, la Maison Meukow a célébré ses 150 ans en 2012 et inauguré, à cette occasion, un espace de travail et d’accueil situé en plein cœur de la ville de Cognac ; un circuit de visite « de l’ambre à la lumière », entouré de chais et bureaux. En Charente, qui n’a pas entendu parler de cet investissement colossal de plus de 2 millions d’euros réalisé par la famille Coste ?

meukow

Dans une interview effectuée en 2010 par le Journal Sud-Ouest, le dirigeant de la maison familiale annonçait : « Nous pourrions attirer entre 3 000 et 4000 visiteurs par an. Plus que la quantité, ce qui nous anime, c’est l’envie de surprendre. »

La surprise? Je l’ai expérimentée la semaine dernière en visitant pour la première fois ce circuit touristique. La maison Meukow, en sa qualité de négociant, ne possède pas de vignoble et la visite proposée est originale. Peu d’explications sont données sur les crus du vignoble et la distillation charentaise. L’idée est de susciter l’émotion chez le spectateur. J’ai été transportée par la magie et la beauté des lieux. Les bâtiments superbement rénovés étaient sublimés par la mise en scène de l’univers Cognac Meukow.

meukow-cognac

Au plaisir des yeux, il convient d’ajouter celui des papilles. La visite s’est prolongée par la dégustation de 3 produits puis d’un déjeuner au restaurant «  Chai Meukow ».

* Meukow VSOP Superior Cognac

  • Age : 12-15 ans
  • Crus : Fins bois en majorité, Petite et Grande Champagne
  • Notes : Doux et agréable. Boisé délicat. Très facile à boire, ce VSOP présente un caractère fruité (fruits à noyau joliment mûris) sur fond d’épices douces (vanille, cannelle).

* Meukow VS Vanilla Cognac

  • Description : Un assemblage de Cognac et d’arômes naturels de vanille.
  • Notes : Parfum envoûtant de fleurs de vanille et d’hibiscus. La bouche, légèrement trop sucrée à mon goût, révèle des saveurs exquises de crème brûlée au caramel.

* Meukow Xpresso Liqueur

  • Description : Un assemblage de Cognac et d’arômes naturels de café.
  • Notes : N’étant pas une consommatrice de café, j’ai été agréablement surprise par l’harmonie de cette liqueur. A conseiller pour les adeptes du café au cognac en fin de repas, et pour les autres aussi 😉

Bien entendu, ces impressions n’engagent que moi et je vous encourage à déguster ces produits, découvrir les lieux et poster vos commentaires !

La marque à la panthère souhaitait se différencier des circuits des autres maisons de négoce (Rémy-Martin, Hennessy, Martell, Château Otard,…). Je pense qu’elle a réussi son pari.

Martell nous révèle son Caractère

La Maison Martell vient de lancer un nouveau Cognac, prénommé « Martell Caractère ». C’est un nouvel assemblage qui sera commercialisé en exclusivité aux Etats-Unis et plus particulièrement en Californie. Cette bouteille rend hommage au fondateur Jean Martell.

Ce Cognac sera consommé de façon décomplexée, sur glace ou en cocktail. Nous assumons donc qu’il s’agit d’un jeune cognac – l’étiquette ne donne aucune indication d’âge : est-ce un VS ou un VSOP ? Voici les premières images du packaging.

Les derniers chiffres d’exportations font apparaître une augmentation importante pour la qualité VSOP aux Etats-Unis. Dans ce contexte, « Caractère » serait la réponse de la Maison Martell face aux Cognacs des concurrents tels que Rémy Martin. Quel est le prix de vente de ce nouveau « Caractère » ? Nous ne le connaissons pas encore, mais nous le saurons bientôt !

Apparemment, ce cognac serait une création unique, distillé selon la méthode originelle imaginée par Jean Martell et utilisée depuis 300 ans. Unique également est le fait que les raisins mis en œuvre pour la production proviennent exclusivement des vignobles de la Maison (Domaine Jean Martell). Créé par le maître de chai Benoît Fil, ce Cognac offre des notes d’« agrumes, zeste de mandarine, cannelle et clou de girofle ».

Le lancement inclue la première d’un court-métrage réalisé par Andy Garcia. Le film complet sera lancé en Février 2014.

Les Cognacs Hine deviennent Français!

Pour son quart de millénaire (250 ans d’existence), la Maison Hine, basée à Jarnac, vient de s’offrir de nouveaux propriétaires. Ce sont les descendants de la célèbre famille de marchands de vin Nicolas (dont la chaîne de cavistes avait été rachetée par le groupe Castel en 1988) qui ont remporté la bataille.

D’après le journal Sud-Ouest, les candidats étaient nombreux. Parmi eux, il est intéressant de noter des étrangers chinois, les grandes maisons Hennessy et Rémy Martin, mais également Campari et EPI (jeune propriétaire des Champagnes Piper-Heidsieck).

Après des mois de négociation, la vente est finalement conclue. Le montant de la transaction est pour l’instant tenu secret, mais, d’après le journal Charente Libre, la somme serait comprise entre 40 et 60 millions d’euros. Cette vente concerne les marques Hine et Monnet, des réserves ancestrales et un domaine de 120 hectares en Grande Champagne, dont 70ha de vignes.

François Le Grelle, directeur de Hine depuis dix ans, est ravi : « C’est une société qui, on le sait, va défendre la boutique, elle va préserver le personnel [23 salariés] et consolider Hine ».

Cognac Courvoisier – Le Cognac de Napoléon

Courvoisier est parmi les quatre maisons de cognac leader dans le monde. La légende veut que l’empereur Napoléon lui-même désigna le cognac Courvoisier comme étant son préféré, c’est pourquoi Courvoisier est souvent désigné comme « Le Cognac de Napoléon ». L’origine de l’entreprise remonte à 1828 ou elle établit son siège dans la ville de Jarnac.
Aujourd’hui le Cognac Courvoisier est fortement ancré dans la culture du Hip Hop américain avec Busta Rhymes et P Diddy dédiant la chanson « Pass the Courvoisier » au cognac traditionnel.

Courvoisier a Jarnac

Courvoisier a Jarnac

L’histoire légendaire du Cognac Courvoisier remonte au début des années 1800, lorsque Félix Couvoisier et Jules Gallois deviennent marchands de vins à Paris. Peu de temps après, ils réalisent que le cognac est leur véritable passion et déménagent leur entreprise à Jarnac au coeur de la région de Cognac . Ils fondent la maison Courvoisier en 1828. Lorsque Napoléon fut exilé à Saint Hélène il ordonna d’amené avec lui plusieurs tonneaux de cognac. Suite à ce signe de gratitude, Courvoisier aurait commencé à fournir les cours royales du Danemark, d’Angleterre et de Suède ainsi que la cour impériale de Napoléon III. Courvoisier atteint le titre de « fournisseur officiel de la Cour impériale», en 1869.

Félix Courvoisier est mort sans laisser de fils, ce sont donc ses neveux et leurs familles qui ont fait perdurer la tradition du cognac Courvoisier jusqu’au début du 20ème siècle jusqu a ce que la famille anglaise Simon acheta la maison de cognac. Les « Simon » ont créé une forte identité de marque internationale avec un nouveau logo de la silhouette de Napoléon sur les bouteilles et les étiquettes.

Cognac Courvoisier XO

Cognac Courvoisier XO

Courvoisier est le seul producteur de cognac qui contrôle tout le processus de la récolte du raisin à la mise en bouteille. En travaillant avec les petits producteurs de la région qui les ont fournis tout au long des générations, ils sont assurés que la qualité reste aussi parfaite qu’elle l’ a toujours été.

Le but est de mélanger les cognacs pour que les arômes et les saveurs restent les mêmes chaque année, ce qui est rare par rapport à d’autres fabricants, dont les mélanges diffèrent d’année en année.

Cognac Courvoisier

Cognac Courvoisier

En 1964, la maison Courvoisier a été acquise par le groupe de spiritueux canadiens Hiram Walker. Ce dernier a contribué a augmenter considérablement les ventes à l’ internationale. Dans les années 1980, la maison connut une longue période de fusions et d’acquisitions internationales. Hiram Walker fut acheté par le British groupe Allied Lyons, qui deviendra Allied Domecq après la fusion avec Pedro Domecq et sera par la suite en partie détenue par Pernod Ricard (et donc indirectement aussi par Martell ). Aujourd’hui Courvoisier fait parti de Beam Global Spirits & Wine Inc.

Cognac HINE

Située au cœur de la Grande Champagne, le premier cru du Cognac (la région autour de la ville de Cognac), la maison Hine produit l’un des cognacs les plus connus, depuis six générations.

Le domaine bénéficie d’un terroir exceptionnel de 173 hectares de vignes. La maison a la tradition très particulière de produire des quantités relativement petites, mais avec une qualité très élevée. Un des Cognacs Hine est stocké en fûts de chêne dans des caves à Bristol (Angleterre): un processus unique, l’humidité aide au vieillissement. Ces bouteilles sont appelées « Hine Early Landed Vintage Cognac ».

L’histoire de la maison HINE

Maison de Cognac HINE

Maison de Cognac HINE

Thomas Hine a quitté son pays natal l´Angleterre pour faire sa vie en France. Il y a des rumeurs que sa famille ait été impliqué dans la contrebande d’alcool entre la France et la Grande-Bretagne. Il a été brièvement emprisonné pendant la Révolution française, non pas pour contrebande mais, pour avoir été soupçonné d’être un espion britannique. Thomas Hine a ensuite épousé une femme de la région de Cognac et a herité de la maison de négoce de son beau-père à Jarnac.

En 1821, il fonde Thomas Hine & Co. Il meurt à l’âge de 47 ans – un an après avoir rebaptisé l’entreprise. Un choc pour la famille mais ce ne fut pas trop difficile pour son fils Thomas Georges de reprendre la maison de Cognac car son père avait créé des structures solides. Thomas Georges a par la suite développé des relations fortes avec la Russie, l’Allemagne, l’Autriche et les pays du Benelux.

La gamme de la maison HINE inclut des Cognacs comme Hine XO Antique Grande Champagne Cognac, Hine VSOP Rare Fine Champagne Cognac et Hine Triomphe.