Le vignoble de Cognac ravagé par la grêle

« On achète Porsche et Ferrari, appartements à Royan ou Miami… Et quand la grêle passe par là, on hurle, on réclame des aides sans vergogne. » Alain Philippe, ancien directeur du Bureau Interprofessionnel du Cognac, s’exprimait le 10 Juin sur Facebook.

J’aurais souhaité prendre connaissance de ces propos mensongers et méprisants plus tôt. Ainsi, j’aurais pris en photo les soi-disant Ferrari des viticulteurs charentais venus en masse à Pons ce matin pour une réunion de crise ! Les violents orages de grêle des jours derniers, et en particulier de la nuit du 8 au 9 Juin, ont ruiné les espoirs d’une bonne récolte. L’ambitieux objectif de production fixé à 11.7 hectolitres d’alcool pur par hectare ne sera pas atteint. Selon les premières estimations, près de 10% du vignoble Cognaçais est ravagé, soit plus de 7000ha…

 

Apparemment, tout s’est déroulé dans un gros couloir de 5km de large. Il y a eu de fortes rafales de vent et de gros grêlons, qui jonchaient encore le sol, cinq heures plus tard, dans certains secteurs. En tant que fille de viticulteurs et future associée au Domaine de Birius, en Petite Champagne, j’ai fait le tour du vignoble en fleur à cette époque : feuillage criblé, rameaux déchiquetés, inflorescences (= grappes) coupées ; tel est le constat que j’ai pu dresser suite aux intempéries. Nos dégâts sont cependant moins importants que chez d’autres producteurs, sinistrés à 100%, qui n’auront pas de récolte cette année, mais également l’année suivante.

En images, voici, une semaine après l’évènement, une vigne gravement endommagée ci-dessous, puis une vigne indemne  :

Cognac Grêle

 

Cognac Vigne

Que faire ? La meilleure solution est d’attendre que la végétation de la vigne, en état de choc, redémarre. Il n’existe aucun traitement et aucune action curative.

Peu de vignerons étaient préparés à subir un phénomène d’une telle ampleur. En général, les épisodes de grêles sont très locaux et les conséquences restent limitées à quelques parcelles. Ce ne fût pas le cas cette fois-ci. Les sinistrés bénéficieront-ils d’un soutien financier ? La réunion de ce matin a clarifié la situation : pour répondre à Monsieur Philippe, cité en début d’article, la vigne est une culture assurable donc il n’existe pas d’aides spécifiques de l’Etat, et les viticulteurs en sont bien conscients. Pourtant, seulement 10% d’entre eux ont souscrit à une assurance récolte, car le prix s’avère malheureusement prohibitif en comparaison des dédommagements proposés.

Aujourd’hui, à la réunion de secteur de Pons, tristesse, résignation et rires nerveux étaient au rendez-vous. En cette période difficile, nous pensons bien évidemment aux victimes, à leurs familles et à leurs collaborateurs.

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